Interview de Patrick Cailleau, auteur de cinéQUIPostée le 28/04/2011Pour cette nouvelle interview, c'est l'auteur de
CinéQUI, Patrick Cailleau qui a répondu à nos questions. Vous trouverez dans cette interview de nombreuses informations sur son jeu, ainsi qu'un retour très intéressant sur l'autoédition.
Bonne lecture !
Game Stories : Pouvez-vous vous présenter, décrire brièvement votre parcours?
Patrick Cailleau : Je m’appelle Patrick CAILLEAU, je suis Angevin d’origine et Breton d’adoption depuis maintenant huit ans. Toute ma carrière professionnelle s’est déroulée, et se déroule encore, dans la banque où j’ai exercé des métiers très variés. Rien à voir donc avec le monde du jeu, quoique….la banque est un secteur dans lequel on est amené à prendre des risques, je découvre que dans l’univers des jeux aussi.
GS : Vous vous êtes lancé dans l’édition lors de la création de votre premier jeu, cinéQUI. Pour quelles raisons avez-vous décidé de l’éditer vous-même ?
Patrick Cailleau : En fait, je pense que l’autoédition s’est imposée d’elle-même sans l’avoir vraiment décidée. La création de cinéQUI a été très rapide. De l’idée, à la recherche et à la collecte d’informations, à la conception de la première maquette, il s’est écoulé peu de temps. A ce moment-là, je ne pensais pas en faire ce qu’il est aujourd’hui. C’est en le faisant tester autour de moi qu’il m’a été conseillé d’aller plus loin et de le diffuser. Je me suis donc jeté à l’eau….sans savoir vraiment bien nager !!! Je pensais, très naïvement, que les jeux étaient, dans leur grande majorité, d’origine américaine (!). Comme vous le voyez, ma culture en ce domaine était vraiment loin de la réalité. Je me suis rattrapé depuis. Et puis, l’idée du jeu étant venue, la maquette étant réalisée, je me suis dit que la suite logique était sa fabrication. Alors, sans chercher d’autres options, je me suis lancé dans l’édition.
GS : Vous avez choisi de fabriquer votre jeu en France, quel a été l’impact sur le coût de production ? Quelles auraient été les différences (prix, qualité) si vous l’aviez produit à l’étranger ?
Patrick Cailleau : Il ne faut pas se voiler la face, et c’est une vérité connue de tous, faire le choix de fabriquer un jeu en France, surtout un jeu de plateau, est bien plus onéreux ; c’est aussi un gage de qualité. D’autres créateurs, rencontrés depuis, m’ont dit le faire à l’étranger. La différence de coût est en effet très importante. L’incidence est transparente pour celui qui achète le jeu. Pour lui, que le jeu soit fabriqué en France ou ailleurs, le prix reste le même. C’est la marge qui est affectée. Je vous laisse juge.

GS : Rencontrez-vous des difficultés pour faire connaître et pour diffuser votre jeu ?
Patrick Cailleau : Vous savez, quand vous avez un métier qui prend l’essentiel de votre temps, il reste peu de place pour s’occuper d’un jeu. Bien sûr que c’est compliqué de le faire connaître et de le diffuser plus largement. C’est aussi passionnant de s’y investir. Les quelques démarches que j’ai entreprises auprès de magasins, en Bretagne et certains départements limitrophes, ont porté leurs fruits et m’encouragent à poursuivre. C’est aujourd’hui une vingtaine de boutiques qui a accepté cinéQUI, preuve qu’il y a un marché sur cette thématique. Et pourtant, il n’est pas toujours facile de convaincre certains gérants de prendre cinéQUI. Un jeu autoédité, peu connu ne les tente pas, ils ne veulent pas prendre de risques. Je pensais qu’internet pouvait m’apporter une source de diffusion intéressante. Mais il est naturellement plus facile d’aller sur des sites connus que d’autres, comme le mien, qui ne l’est pas. Il faut se dire que la route sera longue, semée d’embûches, mais l’essentiel est d’arriver au bout.
GS : Vous étiez présent lors du Festival de Cannes pour présenter cinéQUI ? Quel est votre bilan de cette aventure ?
Patrick Cailleau : Aventure est bien le mot qui convient. J’allais plonger au cœur du monde du jeu, dans un milieu où j’avais encore de la peine à trouver ma place. Affronter le public avec cinéQUI a été une expérience très enrichissante. J’en garde un excellent souvenir. Le jeu n’a pas arrêté de tourner pendant ces trois jours (y compris pendant les off) au point de m’empêcher de quitter le stand. J’ai pu constater que cinéQUI était très apprécié et que les joueurs y avaient pris beaucoup de plaisir. De ce point de vue, le bilan est donc très positif. Le bémol est que je n’ai pas eu le temps de parcourir les allées pour voir d’autres jeux et de prendre des contacts avec d’éventuels diffuseurs. Mais bon, l’essentiel était de voir que le jeu fonctionnait et l’objectif a été atteint. Je vous invite à voir quelques photos prises au cours du Festival sur
http://cinequi.over-blog.com.
GS : CinéQUI est un jeu axé sur le cinéma, est-il accessible pour des joueurs ayant une culture cinématographique moyenne ? N’est-il pas trop facile pour les passionnés de cinéma ?
Patrick Cailleau : CinéQUI est un jeu dans lequel on trouve les grands standards des films français et américains (et certains autres). Chacun, même avec une culture cinématographique moyenne, reconnaîtra inévitablement des films connus de tous et ainsi pouvoir apporter des réponses. On peut d’ailleurs s’interroger sur la notion de culture moyenne. Faîtes un test sur vous-même ou votre entourage, vous serez surpris de constater que vous connaissez bien plus de films, et d’acteurs, que vous ne le pensez. Je me suis aperçu, à bien des reprises, que beaucoup de personnes sous-estiment leurs connaissances. Pour les passionnés de cinéma, cinéQUI est un excellent moyen de réviser ses classiques et d’en faire profiter les autres. Il y a d’ailleurs, quelques films qui font réfléchir même les plus passionnés. C’est un jeu qui, lorsqu’il est joué par équipe, permet de faire jouer ensemble des générations différentes avec le même attrait pour chacun. Un jeune pour les films récents et un moins jeune pour les films plus anciens. Cette combinaison de joueurs permet de répondre à un maximum de questions. CinéQUI a rapidement évolué pour devenir un jeu d’ambiance où les joueurs prennent autant de plaisir à tenter de faire deviner leurs adversaires, grâce à des indices de toutes natures, que de gagner eux-mêmes. CinéQUI permet aux jeunes de découvrir des noms d’acteurs dont ils ont entendu parler par leurs aînés et de les inciter à aller voir leurs films, et aux moins jeunes, de découvrir de nouveaux talents qu’ils pourront aller voir en salle. C’est le côté « éducatif » de cinéQUI. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe du jeu, je vous donne volontairement un exemple simple qui vous permettra de comprendre. Si je vous demande qui joue, à la fois, dans « La soupe aux choux » et « le dîner de cons » ; ensuite qui joue, à la fois, dans « le dîner de cons » et « le placard » ; et enfin qui joue, à la fois, dans « le placard » et « Christophe Colomb ». En fonction du nombre de bonnes réponses, vous gagnez des points et avancez sur un plateau…. C’est pas plus difficile, sur le principe.
GS : Quelle est votre actualité ludique en ce moment ? Avez-vous des projets en cours ?
Patrick Cailleau : Je vais participer à la huitième édition des
24 heures du jeu à Theix (Morbihan) qui a lieu les 16 et 17 avril 2011. J’envisage de participer au FLIP à Parthenay qui doit avoir lieu au mois de juillet prochain. Des projets, oui j’ai des projets. Ou plus précisément j’ai quelques idées qui se bousculent dans la tête depuis la création de cinéQUI, des idées de jeux bien sûr !!! L’avenir nous dira si elles se concrétiseront.
GS : Merci Patrick de nous avoir consacré du temps pour cette interview.Partager